L'histoire de notre engagement

Divine Trouvaille pour S.O.S Ehpad

Ces mots résonnent encore en moi : « Fermeture administrative des lieux recevant du public non indispensables à la vie du pays ». Un peu comme pour le 11 Septembre, je me souviendrai longtemps de l’endroit où j’étais au moment où j’ai appris la nouvelle. Solennelle, indiscutable. Pour la bonne cause, comme on dit.

Le week-end qui suit est un peu bizarre, mais finalement tout cela parait encore bien abstrait. Il fait tellement beau qu’il planne comme un air de week-end prolongé, puis presque de vacances. On se rend compte qu’on était bien fatigués finalement. Depuis combien de temps est-ce qu’on n’avait pas pris le temps de souffler ? Ce petit break pourrait presque nous faire du bien.

On apprend très vite que le petit break en question pourrait durer. On intègre de nouveaux mots à notre vocabulaire quotidien : « confinement », « dérogatoire », « geste barrière »…

Et puis il y a ces autres mots qui reviennent un peu trop souvent chatouiller notre conscience, insidieusement : « non-indispensables-à-la-vie-du-pays ». On comprend que c’est bien de cela qu’il s’agit : de vie. Une question de vie ou de mort. On nous dit que nous sommes en guerre. On applaudit nos nouveaux héros tous les soirs à 20h. Et immanquablement arrive le moment où on se sent un peu désœuvré. Puis suit rapidement celui où on finit par se dire qu’on ne sert à rien.

 

C’est là que je me suis retrouvée assise par terre dans mon salon, à me demander où j’allais bien pouvoir ranger tout ce stock de foulards et autres trouvailles en soie que j’avais rapporté de mes boutiques, puisqu’un grand sommeil l’attendait. Et ma machine à coudre. Et ma surjeteuse. Mon appartement ne m’a jamais paru aussi petit et mes placards aussi pleins.

Quelques jours après, mon amie Catherine me taquine par sms en me demandant si je couds des masques en soie. J’ose à peine lui avouer que je m’en suis fait un, juste pour le fun. Même s’il n’y a vraiment rien de marrant dans tout ça.

Internet foisonne de tutos pour coudre des masques, mais à quoi bon ?  Je n’ai même pas de coton chez moi et tous mes fournisseurs de tissu sont fermés. Je me sens lâche et traitre à l’envie de regarder si je peux en commander sur Amazon.

Je commence à tourner en rond. Le week-end de Pâques, j’en suis à faire des trèfles à quatre feuilles à la pince à épiler pour ma déco de table, grâce à la cueillette de mon précieux bout de jardin en ville. Le nettoyage de printemps est fait depuis longtemps et il est encore un peu tôt pour commencer mon arbre de Noël… Je pense à mon amie Alice qui m’a dit « ce matin, j’ai fait les carreaux pour m’occuper ». Reboostée par cette expression authentique qui me fait sourire, je traque les empreintes digitales sur ma baie vitrée, et c’est parti ! Je me défoule à grand coups de pchitt et de torchon.

 

De torchon ? De torchon Divine Trouvaille ! Euréka ! Une collection de torchons en clin d’œil aux graphismes des carrés de soie, sortie tout au début de l’aventure Divine Trouvaille. Pas un vif succès je l’avoue, mais du beau coton, bien épais, bien costaud, pour bien faire barrière à ce virus bien insoupçonnable à l’époque. J’en ai un plein carton au fond de la réserve. Y’a plus qu’à !

Ainsi est né mon premier masque coton et soie, réalisé dès le lendemain matin à partir du patron de masque barrière en tissu recommandé par l’AFNOR, auquel je me suis juste permise d’apporter ma touche personnelle en retournant le tissu pour cacher les coutures sur les bords extérieurs. Toujours le sens du détail, même en temps de guerre. L’heure de vérité approche : l’épreuve du lavage en machine à 60°. Crash test concluant : 10 lavages plus tard, mon prototype est toujours intact.

Les premiers coups de ciseaux dans mes carrés de soie piquent un peu… Je commence par découper les modèles d’expo de la boutique. De toutes façons ils ne servent plus à rien eux non plus. C’est long et délicat à confectionner avec la soie, comme toujours. Mais mon fils Pablo me dit que le résultat « déchire » et je suis immédiatement saisie d’une frénésie couturière qui dure jusqu’à tard dans la nuit.

 

Dès le lendemain, je me précipite pour déposer fièrement mes nouvelles trouvailles dans les boites aux lettres de mes voisines. Trois d’entre elles m’ont généreusement dépanné suite à la pénurie d’élastique.  Je prends soin d’emballer mes créations dans un joli pochon en soie assorti, confectionné avec mes chutes, parce qu’elles le valent bien.

Mon téléphone sonne peu après mais je ne l’entends pas, couvert par le bruit de la surjeteuse. Madame V. du bâtiment B me laisse un message pour me remercier qui me met la larme à l’œil. Je me dis que je suis un peu trop émotive, comme toujours. Une autre voisine insiste pour me payer mon travail. Je refuse bien évidemment. Je ne vais quand-même pas faire du business sur le dos de ce foutu virus.

Pourtant créer, coudre, c’est devenu mon vrai métier depuis 2 ans. Alors, sur les conseils avisés de Xavier, l’expert en création d’entreprise qui m’accompagne au Village des Créateurs, je reconsidère mon point de vue. On va les vendre ces masques puisque tout le monde en manque ! Et puisque les copines commencent à me dire que quitte à sortir masquée, autant avoir l’impression de porter un accessoire de mode. Et on va reverser tous les bénéfices à une association pour aider les soignants. Évidemment ! Comment n’y ai-je pas pensé avant ? D’inutile je me sens désormais comme une goutte d’eau dans l’océan…

 

Mais la petite goutte doit pouvoir servir à quelque chose si on s’y met tous, non ?

C’est en tous cas ce que je me suis dit après l’appel de Jean-Luc Angélis, Directeur de la Fondation pour la recherche contre Alzheimer à la Pitié Salpétrière, que j’avais contacté la veille en découvrant sur internet sa généreuse initiative avec la création de SOS EHPAD.

Je me réjouis à l’idée de pouvoir contribuer à aider nos anciens et ceux qui prennent soin d’eux en reversant l’intégralité des bénéfices des ventes des masques barrières de Divine Trouvaille à cette association. Je me sens vivante.



Merci de votre confiance et bon confinement à toutes et à tous.

Valérie, créatrice de Divine Trouvaille

 

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